Les recommandations Politiques des grincheux

Les grincheux doivent peser sur les décisions politiques

Les seniors et surtout les grincheux aident à un monde meilleur car ils le connaissent bien et sont les seuls à détecter des défauts d'orientation.

Engagement des Grincheux

Les seniors ont une voix puissante et un rôle essentiel à jouer dans notre société. Leur expérience et leur sagesse sont des atouts précieux pour comprendre les enjeux politiques complexes. En s'engageant activement, ils peuvent influencer les politiques qui affectent leur vie quotidienne et celle des générations futures. Il est indispensable de reconnaître l'importance de leur participation pour bâtir une société plus équitable et inclusive.

Refusons d'enterrer

La créativité, le respect, la liberté, la justice, la tolérance, la solidarité, la bienveillance, la vérité, la mémoire et le courage rejoignent le cimetière des valeurs.

La créativité dérange, la liberté devient suspecte, la tolérance ne supporte plus ceux qui pensent autrement, la justice se perd dans ses procédures et la solidarité dépend désormais de budgets.

La vérité, elle change si souvent de costume qu’il faut avoir quelques décennies de mémoire pour si retrouver.

Bonne nouvelle : les Grincheux sont encore là.

Nous avons connu ces valeurs, nous savons ce qu’elles permettent de construire et voyons ce qu’il advient lorsqu’on commence à les enterrer.

Nous remettrons la créativité dans les idées, la liberté dans les choix, le respect dans les désaccords, la justice dans les décisions, la solidarité entre les hommes et la vérité sur la table.

Réforme des Retraites

La retraite mérite une mention particulière. Pendant des décennies, on nous a demandé de travailler, de cotiser et de prévoir. Nous l’avons fait, assez naïvement pour croire que cette indépendance servirait d’abord à protéger ceux qui l’avaient financée.

Maintenant que nous arrivons au guichet, on découvre soudain le vieillissement de la population, tandis que nos milliards trouvent encore le moyen de financer ailleurs des services, des aides et des engagements que d’autres pays devraient assumer eux-mêmes.

Nous admirons le sens des priorités :
Pour nos cotisations, nous étions l’avenir.
Pour nos prestations, nous sommes un problème.

Accès aux Soins de Santé

Le spectacle devient inquiétant. Nous avons financé le système médical tout au long de notre existence et, au moment où nous en avons besoin, on découvre la rationalisation, la maîtrise des coûts, la pertinence des soins et notre responsabilité individuelle.

À vingt ans, nous étions cotisants.

À soixante-dix ans, nous sommes devenus une charge.

Drôle d’assurance : on est un excellent client tant qu’on ne s’en sert pas.

Services sociaux

Nous avons travaillé, cotisé, payé et construit toute la protection sociale dont le pays est si fier. Nous l’avons fait pour protéger les nôtres, les malades, les faibles, les anciens et ceux momentanément à terre.

Aujourd’hui, les grincheux découvrent qu’ils coûtent trop cher, tandis que les milliards trouvent le chemin des pays qui font la guerre plutôt que la paix.

Nous serions les parias ?

Nous avons gardé les factures.

Les trajectoires

Nous étions là au début. Regardons les chiffres, les promesses, les discours d’hier et la trajectoire d’aujourd’hui.

Nous avons vu les réformes définitives remplacées par d’autres réformes définitives, les économies censées sauver les finances publiques, les dépenses exceptionnelles devenues ordinaires et les taxes provisoires découvrir les joies de l’éternité.

Nous avons entendu les promesses ambitieuses : les sacrifices d’hier garantissant la prospérité de demain, les nouvelles règles simplifiant les anciennes, la technologie réduisant la bureaucratie et les nouveaux dirigeants corrigeant les actions des précédents.

On nous demandait de faire confiance. Aujourd’hui, on nous demande d’oublier.

Heureusement, les Grincheux ont de la mémoire.

Sortez les chiffres, les déclarations, les budgets, les promesses et les résultats. Nous vous expliquerons.

Les Grincheux et les urnes

Nous défendons nos retraites, notre accès aux soins, notre autonomie, notre sécurité et notre liberté de décider de notre propre existence. Nous n’attendrons plus qu’on décide de notre avenir entre deux commissions. Nous ouvrirons les dossiers, poserons les questions qui dérangent et retrouverons les promesses qu'ils espéraient enterrées.

Nous sommes une force politique qui a retrouvé sa mémoire.

Si quelques millions de Grincheux décident de s’en servir en même temps, les jeunes politiciens pourraient découvrir une vertu ancienne qu’aucune école de communication ne leur a encore enseignée :

Le respect des anciens, en particulier lorsqu’ils exercent leur droit de vote.

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Témoignages Inspirants

Doc Grincheux

 

Je vous l’assure : nous naissons sur des rails. Trajectoires dessinées avant même notre premier cri, famille, langue, école, morale, lois, habitudes, peurs, promesses de récompense ou menaces de disgrâce. On croit choisir, mais l’essentiel de nos vies s’inscrit dans l’étroit catalogue des possibilités préfabriquées par d’autres. On nous autorise à circuler, à hésiter, à personnaliser notre compartiment, mais jamais à toucher au plan des voies.

Il y a pourtant, dans chaque existence, un moment de trouble. Un sursaut, une fissure. On s’aperçoit soudain que la trajectoire n’est pas la nôtre, qu’on avance sans savoir où ni pourquoi. C’est là que tout se joue. Rester sur les rails : sécurité, routine, l’illusion d’avancer. Quitter les rails : incertitude, vertige, solitude, mais aussi la seule chance de reprendre la main.

On vous dira que désobéir est dangereux. Que la révolte n’est qu’un caprice, un échec, un crime. Qu’il vaut mieux patienter, négocier avec le maître, espérer sa clémence. Mais l’esclave qui refuse de se lever, qui attend d’être délivré par la bonté du pouvoir, mérite-t-il encore la pitié ? Il aura obéi, il sera malheureux, il pourra se raconter que ce n’est pas sa faute, mais il ne pourra jamais prétendre avoir essayé.

Désobéir, ce n’est pas garantir la bonne direction. C’est simplement rouvrir la carte, ramener du possible, prendre la responsabilité de choisir. Oui, cela coûte. Oui, on se trompe, on perd, on regrette même parfois la chaleur de la servitude. Mais je préfère mille fois les conséquences amères d’une route prise par moi que la tranquillité fade d’une vie pilotée par d’autres.

On vous a appris qu’obéir, c’était la vertu et que la révolte n’était qu’un danger. On a oublié de vous dire que certains rails avaient été posés avant votre naissance. Si la voie va là où vous voulez, restez. Mais si elle va ailleurs, descendez.

La liberté n’est pas un état ; c’est une capacité permanente à bifurquer. Et la désobéissance, ce n’est pas la destination : c’est la condition qui rouvre l’espace du choix.

Attendre qu’on vous donne la liberté, c’est choisir son maître. Prendre sa trajectoire en main, c’est choisir son risque. Je ne vous demande pas de vous révolter. Je vous demande d’ouvrir les yeux, d’examiner la direction, et de décider où vous voulez aller. Après ça, la désobéissance viendra peut-être toute seule.

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